ANIMA
ANIMA

Anima

—Création 2015 —

Production : Cie Magali Lesueur

Marraine : Madame Carole Weisweiller

Pièce de danse contemporaine

Chorégraphiée, mise en scène et interprétée par : Magali Lesueur

CRÉATION MUSICALE

Jonathan Guyonnet (violon)

Clément Maléo (technicien son)

CREATION LUMIERE

Jess Marty

VOIX

Isabelle Carré

Lectures de textes de Jean Cocteau

Poèmes Clair-Obscur


GENÈSE DE LA PIÈCE

Anima est une création qui trouve sa genèse dans le prolongement d’une fascination et influence de l’univers de Jean Cocteau depuis mon enfance.

Étant originaire de Menton, ville marquée par le poète et ses nombreux passages et séjours, j’ai été marquée par l’originale puissance créatrice de celui qui est pour moi, l’un des plus grands artistes du XXème siècle.

Lorsque la vie m’enleva des êtres chers, je commençais à m’interroger sur l’existence de l’Âme après la mort. Une existence impalpable. De manière inconsciente, ces émotions restèrent imprégnées dans mes rêves comme une nourriture artistique inépuisable.

Dans la continuité de cette inspiration, un événement particulier m’a offert ce désir profond de répondre avec la plus grande humilité à un « appel » que je perçus comme une évidence de mon parcours de chorégraphe. En entrant pour la 1ère fois dans la Villa Santo Sospir de Saint-Jean-Cap-Ferrat alors que je découvrais avec fascination les murs tatoués par Jean Cocteau, je fus soudainement frappée d’une intense émotion tant je ressentais la forte présence de l’Âme de Monsieur Cocteau dans cette pièce.

Ce fut un moment inoubliable qui marqua le début de mes recherches chorégraphiques Anima et qui me fit l’honneur d’une magnifique rencontre, Madame Carole Weisweiller.

La célèbre épitaphe de Jean Cocteau « Je reste avec vous », pris une fois de plus tout son sens.

… peu à peu vous sentirez que je vous habite et vous me ressusciterez. Vous risquerez d’avoir à l’improviste un de mes gestes, un de mes regards. Naturellement je parle à la jeunesse d’une époque où je ne serai plus en chair et en os, et mon sang relié à mon encre… Si vous observez mes instructions à la lettre, il se produira le phénomène d’osmose… un pacte d’entraide où le vif aide le mort et le mort aide le vif. Vous m’apporterez autant que je vous apporte. N’en parlons plus.
—Jean Cocteau : La Difficulté d’être, 1947

NOTE D’INTENTION CHORÉGRAPHIQUE

Cette pièce est l’introspection d’un « moi intérieur », une manière d’employer le mécanisme du rêve sans dormir et de mettre sa nuit en plein jour.

Les gestes, les mouvements, les lignes, les formes s’y enchainent comme ils le veulent sans états d’âme. Je me laisse glisser dans ce monde intérieur qui me fait voyager.

Un monde qui laisse éclore des états, mobilités et impulsions qui se combinent, se nouent et se déforment jusqu’à prendre corps en mouvement à mon insu par le reflet énigmatique d’une âme errante sur un grand tissu blanc — transparent tendu sur la scène.

La projection de l’ombre s’apparente à celle du reflet dans un miroir. Ce miroir qui surprend, étonne, fascine autant qu’il réfléchit rassure ou déclenche la crainte.

Ce miroir qui reflète ce qui peut être notre pire ennemi. Un jeu de questions-réponses apparaîtra entre la projection des fresques de Cocteau, les ombres et le corps en mouvement.

La rencontre de l’âme et du corps, de l’insaisissable — impalpable et de la matière corporelle vivante. La réverbération des mirages du « moi profond ».

ARGUMENT

L’Âme, en tant que partie incorporelle de l’être, siège de la sensibilité et source des passions, se reflète dans cette pièce chorégraphique.

Impalpable durant notre vie « corporelle », l’Âme se sépare du corps à notre mort et peut ensuite errer parmi nous et traverser le temps.

Anima est un solo qui évoque le voyage chorégraphique d’une Âme insaisissable. Une intériorité de la pensée émotionnelle qui inspire et expire, qui change de formes et se déplace sans être un corps. Dans sa quête d’incorporation, elle évoquera en mouvement dans son reflet et dans son ombre, le réalisme absurde de ses rêves…

Parfois, il arrive qu’on se laisse transporter par une atmosphère énigmatique, sans même pouvoir reconnaître où comprendre son sens.

Dans ce prolongement, il s’agit d’une volonté de transcrire par le langage du corps, un principe en totale opposition à celui-ci. Une recherche d’états de corps en mouvement afin d’exprimer la projection, la manifestation de quelque chose d’incorporel. Une œuvre peut intriguer et susciter des émotions sans pour autant retranscrire une histoire figurative.

Anima est un monde intérieur qui émane des rêves, des souvenirs, des plaisirs, des désirs, des images mentales, de la douleur et de la souffrance, la danse projette la recherche d’un *moi profond.*

Enveloppé d’un « aura » ou se laissant deviner par les jeux de lumière, l’ombre et la transparence du corps en mouvement ou plutôt de « l’état de corps » en mouvement révèle le reflet de l’Âme qui habite cette création.

Une Âme en paix qui nous emporte et nous fait glisser au-delà de toute conscience et intellect vers un autre monde.

Mon Âme est une zone d’ombre où le réalisme ressemble à l’absurde rigueur du rêve, une zone d’ombre où l’intelligence notre pire ennemi, n’exerce pas son contrôle et ne gâche pas le meilleur de nous même.
—Jean Cocteau


Du 7 au 30 juillet au Festival OFF d’Avignon — Théâtre Albatros — 17h00

ANIMA Fiche Avignon


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